La présentation par la Mairie de
Bar-le-Duc des aménagements autour de l'église Notre-Dame le Samedi 28 mai n'a pas rassemblé des foules de barisiens. On peut se demander pourquoi. Déficit de communication? Des
riverains lassés par les travaux? Il est probable que certains ont pensé: après tout, pourquoi se déranger pour contempler ce que tout un chacun a maintenant sous les yeux, que cela lui plaise ou
non. Ou bien: il est bien temps d'associer la population aux travaux, alors qu'elle n'a jamais son mot à dire lors des phases de réflexion. Rappelons d'ailleurs que la réunion qui était prévue au
démarrage des travaux n'a jamais eu lieu. Hormis les personnes faisant partie de l'équipe municipale, donc, on pouvait compter les barisiens sur les doigts de la main lors de cette
'coffee party' à la gloire du parking qualitatif. On a bien vu un cocker, ravi de pouvoir s'abreuver aux jets d'eau qui se déclenchent de manière aléatoire sur fond
d'incandescences dues à des leds multicolores. Quel réconfort de penser que lors de sa promenade quotidienne, il pourra être sûr de trouver là de quoi étancher sa soif, et se gratifier,
plaisir indicible, d'un petit pipi sur les jolis pavés du Portugal! Mais là n'est pas la seule surprise que nous réservent ces lieux enchanteurs.
Et ce qui est dommage, c'est que la 'coffee party' n'a pas permis de révéler ce qui constitue le clou du spectacle: la projection d'énormes fleurs blanches, la nuit venue, sur les murs qui cernent le parking qualitatif. Il est vrai que l'effet produit est plutôt agréable. Il y a une recherche de zenitude, d'esthétique japonisante. Certains, ayant entre-aperçu ces fleurs lors d'un trajet sur la voie rapide, et se croyant victimes l'hallucination visuelle sont allés sur les lieux pour confirmer la vision. D'autres, en ayant entendu parler, se sont rendus sur le parking qualitatif pour constater le phénomène. Mais on peut se demander qui va vraiment en profiter quotidiennement, alors que les bureaux sont désertés le soir, et que comme but de promenade nocturne, il y a quand-même mieux qu'un parking, aussi qualitatif soit-il.
Enfin, on se dit que l'on vit dans une drôle d'époque. On bazarde un vrai jardin pour le remplacer par un parking qui devait être, nous avait-on promis, plus beau qu'un jardin - et on remplace les vraies fleurs, que l'on s'attend à trouver dans un vrai jardin par des fleurs virtuelles que l'on ne peut voir que le soir, projetées sur des murs. Et personne, soit dit en passant, ne semble se soucier des dépenses énergétiques engendrées par ces illuminations. Pouvons-nous voir dans ces fleurs un acte de contrition des concepteurs, afin de faire oublier la dure minéralité des lieux et la mise à mort d'un jardin? Il faut être naïf pour le penser! Vanité, pure vanité, plutôt, de certains qui pensent pouvoir transcender la nature à coups de projecteurs géants, et qui ont oublié la vraie poésie des vrais 'petits jardins'. Trop ringards, sans doute. Triste société du spectacle et du faussement spectaculaire.Triste époque où certains pensent que la technique permet d'égaler la nature, où la réalité est supplantée par la virtualité.
En attendant, la facture, elle, est bien réelle: 800 OOO euros.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires